
Au milieu de la nuit, un vacarme sorti soudain le métis de son sommeil.
Quelqu’un frappait brutalement aux vitres de sa fenêtre en les faisaient trembler.
– Chuttt ! Cela va réveiller mes grands-parents !
Intrigué, le caribéen se leva et regarda par les persiennes.
Il ne vit personne. Il s’apprêtait à retourner se coucher, lorsqu’un bruit plus virulent retenti.
L’enfant ouvrit la fenêtre. Deux masques rouges surmontés de cornes marchaient sur la rambarde. Sous leur mentons des petits pieds aux aux ongles acérés grattèrent le bois. Soudain en apercevant l’enfant, ils se jetèrent sur lui. Les masques hideux le pourchassaient dans sa chambre.
Ti-Cœur riposta de toutes ses forces et arracha les masques. Les têtes déformées, hideuses des frères Valliers apparurent.
L’enfant cria angoissé.
Man Angel déboula dans sa chambre.
– Qu’est ce qui t’arrive mon petit ?
– J’ai fait un mauvais rêve, grand-mère.
La femme le prit dans ses bras.
– Je sais que c’est difficile la vie sans ta maman.
– Elle me manque.
– Je pense aussi à tes parents, et je suis sûre que nous les retrouverons.
– Grand-mère, si un jour on devait quitter cette maison qu’est-ce que..
– Quoi ? Quitter cette maison ou tu es né, coupa la femme. Il n’en sera jamais question. Ne t’en fais pas mon enfant, nous sommes en sécurité ici, ajouta la femme en le recouvrant d’un drap.
– Rendors-toi mon chéri, fit Man Angel en refermant doucement la porte de la chambre.
– Je ne veux pas lui faire de la peine. Grand-mère subira un choc en apprenant la nouvelle de son expulsion de sa maisonnette.
Après le cauchemar, et les dires de Man Angel, il eut du mal à trouver le sommeil.
***
Dès l’aube, l’enfant repensa aux projets des frères Vallier, inavouables à ses grands-parents. Ils resteront dans leur belle demeure et nous serons mis dehors de notre petite case.
Quelle injustice. ! Ce soir, je leur dirai tout !
L’enfant se doucha, s’habilla prestement puis appela son chien sur la terrasse. Il ne trouva qu’un bout de laisse dans la niche.
Il s’est encore échappé !
Le métis courut jusqu’à la lisière de la forêt de Mahogani à sa recherche.
– Alpaga ! Alpaga !
Soudain, il entendit une voix.
– Help ! I need help !
– Il y a quelqu’un ? cria le métis anxieux, qui se dépêcha d’arriver près du lieu.
Lorsqu’ un grognement retentit, l’enfant se pencha vers un ravin. Il fut surprise voir son chien suspendu dans le vide par l’autre moitié de laisse accrochée autour dee racines de fougères arborescentes.
– Tiens bon Alpaga, je vais te sortir de là !
S’il tombe dans cette crevasse, il mourra !
Pendant que l’animal se débattait, au creux du précipice, le garçon s’empara de son canif coupa la laisse coincée entre deux souches, fit un noeud et tira l’animal.
Après de nombreux efforts, il le sauva du danger.
– Mon pauvre Alpaga, tu as failli t’étrangler.
L’enfant épuisé reprit le chemin de la case.
– Ha te voici. Je t’ai vu courir vers le fond du jardin de bon matin, intervint Élise Angel, contrariée.
– Euh…, oui Man, Alpaga s’était échappé.
– Encore ?
– J’ai entendu quelqu’un demander de l’aide.
– Comment cela ?
– Un anglais criait dans la forêt, révéla l’enfant.
– Tais-toi ! répondit Man en levant un doigt sur sa bouche. C’est certainement un américain ; un de ceux qui nous aident à combattre les ennemis. Il faut parler de cela à personne. Nous sommes en guerre.
– Je peux retourner le chercher ?
– Surtout pas ! La forêt est très dangereuse ces temps-ci. Ton grand-père a été à la pêche très tôt ce matin, je lui laisserai un mot sur la table de la cuisine. Il s’en occupera et partira à la recherche de l’individu avec le garde forestier, Loïc Grenadier.
– D’accord Man.
– Maintenant, préparons-nous pour aller au marché. Il faut bien faire rentrer de la monnaie dans cette case.
Ti-Cœur caressa son chien et le sermonna :
– Cette fois-ci tu resteras dans la maison.
Quand Man Angel l’entendit, elle s’énerva :
– Et puis quoi encore ? Tu me désobéi maintenant ?
– Comment cela ?
– Tu as la mémoire courte mon enfant. Ce chien ne doit pas rester ici. Il a fait pipi sur mon châle qui avait glissé au pied du fauteuil de la véranda. Cela empestait ! J’ai dû le relaver, et le faire sécher au soleil.
– Mais Man…
– C’est non ! coupa sa grand-mère. Le seul lieu où il doit rester est ….dehors !
Ti-Cœur prit une longue laisse et attacha l’animal au poteau de la véranda.
Il entendit sa grand-mère s’écrier :
– Et surtout tiens ton satané animal loin de mon potager !
J JASE-BEEP
Le 24 juillet 23
